Publicité

Loyers en hausse, prix en baisse : le grand écart israélien

Loyers en hausse, prix en baisse : le grand écart israélien

Les prix des logements baissent, mais les loyers montent. Ce grand écart, rarement évoqué hors d'Israël, intéresse directement la diaspora juive du monde entier : les familles qui hésitent entre acheter et louer en attendant, les futurs olim qui souhaitent d'abord s'installer en location, les investisseurs de New York, Paris, Londres ou Moscou qui comparent les rendements. Les chiffres officiels de l'automne 2026 montrent un marché locatif nettement plus tendu que le marché de l'achat, avec des nuances locales importantes.

Des loyers en hausse, surtout pour les nouveaux locataires

Selon l'indice des prix du Bureau central des statistiques (CBS) pour juillet 2026, relayé par Globes, les loyers ont augmenté de 2,6 % pour les locataires qui renouvellent leur bail et de 4,7 % pour ceux qui changent de logement. L'indice des services de logement, qui inclut les loyers, a progressé de 0,7 % entre juillet et août 2026 et de 3,6 % sur un an. Les loyers représentent environ un quart de l'indice des prix à la consommation, qui n'a augmenté que de 1,5 % sur un an. La Banque d'Israël confirme, dans sa décision du 21 octobre : +5,3 % sur un an pour les nouveaux locataires et +2,4 % pour les contrats renouvelés, et une composante logement de l'inflation en hausse de 3,8 % sur un an en septembre.

Dans le même temps, les prix reculent

Pendant ce temps, l'indice des prix des logements du CBS affiche -1,8 % sur un an en juillet-août 2026, et -0,6 % par rapport à juin-juillet, selon Buy it in Israel. Le CBS a aussi lancé un nouvel indice trimestriel des logements d'occasion : au deuxième trimestre 2026, il indique -1,2 % au niveau national par rapport au premier trimestre, et -2,9 % dans le district de Jérusalem. Le contraste est frappant : un locataire qui change de logement paie en moyenne près de 5 % de plus qu'il y a un an, alors que l'indice général des prix recule sur un an (le nouvel indice de l'ancien ne couvre pour l'instant qu'un seul trimestre, ce qui ne permet pas encore de parler de tendance). Ce décalage nourrit le débat israélien sur la place de la location dans un pays traditionnellement tourné vers la propriété, alors que les prix de l'immobilier ont longtemps progressé plus vite que les revenus. Les chiffres d'octobre confirment ainsi la tendance observée à la rentrée, quand les nouveaux baux affichaient déjà des hausses supérieures à celles des renouvellements.

Mais le marché locatif n'est pas homogène

Globes relève des exceptions locales notables, appuyées sur les relevés de professionnels de terrain. À Nuriyot, un quartier de Rishon LeZion, les loyers demandés ont baissé de 300 à 600 shekels par mois par rapport aux mois précédents, soit environ 96 à 193 dollars au taux de 3,112 NIS pour 1 USD, avec près de 80 appartements disponibles. À Ramot Yoram, à Netivot, les loyers affichés sont de 300 à 500 shekels sous le niveau réaliste du marché. À Jérusalem, dans le nouveau quartier de Mordot Arnona, un quatre-pièces se loue entre 7 400 et 7 900 shekels par mois (environ 2 378 à 2 539 dollars), contre 8 000 à 9 000 shekels (environ 2 571 à 2 892 dollars) dans l'Arnona établi : un écart pouvant atteindre 10 %. Ces baisses localisées coïncident avec des zones où l'offre est abondante : fin août, environ 85 680 logements neufs restaient invendus, soit 26,7 mois d'offre (données du CBS relayées par Buy it in Israel). Il s'agit de cas précis, relevés par des professionnels de terrain, et non d'une tendance nationale : l'indice officiel reste orienté à la hausse.

Les bailleurs négocient : 5 à 10 % de concessions

Face à l'offre, les propriétaires ajustent leur discours. Selon Itzik Levy, de l'Association israélienne des agents immobiliers, cité par Globes, des baisses de 5 à 10 % sont consenties pour sécuriser un locataire, car chaque mois de vacance équivaut à environ 8,3 % du revenu locatif annuel. Nir Shmoul, directeur de Snir Group, évoque des baisses d'au moins 5 %. Dans un autre article, Globes rapporte que certains promoteurs louent des logements invendus, avec des avantages pour les locataires, plutôt que de baisser leurs prix de vente. Pour un investisseur étranger, cela signifie que la concurrence ne vient pas seulement d'autres propriétaires privés, mais aussi de logements neufs mis en location par les constructeurs.

Acheter ou louer : ce que ces chiffres suggèrent

Aucune statistique ne remplace un calcul personnel, et nous ne sommes pas conseillers financiers. Mais trois enseignements ressortent. Pour un futur immigrant, louer quelques mois avant d'acheter permet de découvrir la ville, mais les loyers des nouveaux contrats sont ceux qui montent le plus. Pour un acheteur, la baisse des prix et la place des investisseurs, qui ne représentaient que 14 % des transactions en août (1 077 appartements, selon le CBS), laissent penser qu'une négociation est possible, notamment dans les villes à fort stock. Pour un locataire, à l'inverse, mieux vaut comparer plusieurs quartiers : l'écart de loyer entre un quartier récent et un quartier établi peut atteindre 10 % à Jérusalem, et les propriétaires les plus pressés acceptent souvent de discuter, surtout lorsque l'appartement est resté vacant plusieurs semaines. Pour un investisseur, le rendement dépend de la ville et du type de bien : à loyers qui montent, mais avec une offre neuve abondante par endroits, la vacance et les concessions doivent entrer dans le calcul. Les démarches d'un achat à distance sont détaillées dans notre guide ultime de l'immobilier en Israël.

Un marché à deux vitesses

Prix en baisse, loyers en hausse, concessions locales : le marché israélien n'obéit pas à une seule logique. Pour les communautés juives du monde entier, la bonne question est celle de la ville, du quartier et de la durée de votre projet. L'équipe d'Immobilier.co.il vous aide à comparer les options d'achat et de location selon votre profil.

Publié initialement sur immobilier.co.il.
Plus d'articles